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Les historiens et les spécialistes se querelleront longtemps sur l’origine de la Franc-Maçonnerie dans des débats où les légendes et les mythes côtoient les données scientifiques ou simplement historiques. Ce qui est sûr, c’est qu’au début, il y a le métier, ce que l’on nomme la Franc-Maçonnerie opérative, celle des chantiers et des cathédrales, dans un temps et un monde où tout geste de l’homme s’inscrit, baigne dans le rapport au divin. Faut-il remonter plus avant avec les collegia du bas Empire romain, les guildes du Moyen-âge ? Faut-il s’interroger sur l’origine du mot Franc-Maçon : savoir s’il désigne un maçon franc - comme les francs bourgeois - c’est-à-dire non soumis à l’obligation d’acheter son métier ou un maçon spécialisé dans la taille de la pierre tendre «la franche peer» ?
En tout état de cause, les documents les plus anciens qui nous sont parvenus comme le manuscrit Regius relient la connaissance du métier à la Connaissance ou à la reconnaissance de la part divine inspiratrice de l’art, du métier : l’orgueil de posséder cet art, d’avoir appris comme apprenti, compagnon puis maître est indissociable de l’humilité de l’homme devant Dieu.
Les Francs-maçons d’aujourd’hui sont les héritiers de ces Francs-Maçons d’avant la Franc-Maçonnerie, comme en portent témoignage les outils «opératifs» que comprennent les collections du Musée. Si les Apprentis et les Compagnons se servent symboliquement des outils pour tailler la pierre, le Franc-Maçon est aussi celui qui dessine les plans de l'Oeuvre et le troisième degré de la Franc-Maçonnerie est placée sous la haute figure de l'Architecte du Temple de Salomon : Hiram. C'est pourquoi le Musée de la Maison des Maçons a tenu à vous présenter un rare diplôme d'architecte du XVIII° siècle. Enfin, il convient de souligner que, contrairement à ce que beaucoup croient, il n’y a pas de relations « génétiques » entre la Franc-Maçonnerie et le Compagnonage. En revanche, au XIX° siècle, sous l’influence notamment d’Agricol Perdiguier, les sociétés compagnoniques ont adopté certains des symboles maçonniques (comme l’Equerre et le Compas).
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